Chayet Chiénin nous reçoit aux Grands Voisins dans le 14ème arrondissement de Paris, où elle a établi les bureaux de son site Nothing But the Wax. Lauréate 2015/2016 du concours Media Maker organisé par Street Press -Chayet Chiénin a effectué sa formation de journaliste au sein de la Street School-, le projet s’accélère en ce moment avec la campagne de crowfounding en cours sur Ulule, qui a démarré en flèche. “C’est révélateur que ça commence aussi fort, c’est comme s’il y avait un manque et que les gens attendaient ce média”, assure sa fondatrice adepte du “do it yourself”.

Avant de se métamorphoser en journal en ligne, Nothing But the Wax était un blog de mode africaine très populaire sur la toile. “J’ai toujours eu ce rêve fou d’en faire un média”, confie la trentenaire qui a tout plaqué pour le journalisme, et a notamment collaboré avec Cheek Magazine. Avant, Chayet Chiénin était contrôleure de gestion dans le luxe, mais après quelques années dans ce domaine, elle s’est rendu compte que son métier ne concordait pas avec ses idéaux. Après sa formation de journaliste et un an en freelance pour Arte et RFI, la jeune femme se lance maintenant dans le grand bain des médias pour faire évoluer son blog- son “tableau de bord”, comme elle l’appelle-, qui constitue depuis toujours sa vraie vraie passion. Interview.

Nothing But the Wax, c’est quoi?

C’est un média en ligne, et non un site de mode, qui parle de la diaspora africaine et de la génération afro-descendante par le prisme de la mode et de la beauté. J’aime dire que c’est un média “afropop”. C’est une nouvelle esthétique africaine qui est née, grâce à une génération à l’héritage très hybride, entre l’Occident et l’Afrique, et elle mérite qu’on parle d’elle.

À qui s’adresse-t-il?

À tout le monde, aux blancs, noirs, hommes, femmes, francophones, anglophones. C’est avant tout un média générationnel pour les 20-35 ans.

Pourquoi avoir choisi de parler de cette génération à travers la mode et la beauté?

La mode n’est pas une fin en soi, c’est plutôt un prisme qui permet de regarder la société différemment. La sape, le maquillage, la coiffure, ça dit beaucoup de choses. C’est loin d’être un sujet superficiel et futile. Bien au contraire, c’est très représentatif d’une époque, d’un esthétisme, d’une manière de penser et d’une façon de vivre. Il y a une construction mentale et des racines culturelles derrière l’apparence physique. On partira souvent de la mode, mais pour raconter des histoires en profondeur de façon intelligente, pas pour faire le buzz sur Beyoncé ou les Kardashian.

Penses-tu que les sujets afro sont mal traités par les médias?

En tant que femme noire, je suis bien placée pour savoir que cette génération est quasi absente des médias. Il y a pleins de gens que tu croises dans la rue, mais que tu ne vois jamais dans la presse. Ou quand on parle d’eux, c’est souvent avec beaucoup de clichés. On en a marre d’entendre “la gazelle” ou “la tigresse” pourparler d’une femme noire, de toujours lire des clichés sur la mode africaine qui serait sauvage. On veut déconstruire un schéma de pensée qui renvoie toujours l’Afrique à l’exotisme. L’Afrique est un vrai sujet journalistique et pas quelque chose de tendance ou folklorique.

Peut-on avoir un petit aperçu du contenu?

On laisse un peu de suspense (Rires), mais par exemple, on a un sujet sur un jeune artiste de 17 ans qui dessine des femmes afro. Cet été, on sera à Londres et ensuite, l’objectif c’est d’aller faire des reportages au Burkina Faso et au Sénégal. Nothing but the wax est un média qui veut parler de l’Afrique autrement, et ce qui me semble primordial quand on parle de l’Afrique, c’est d’y être.Lesen Sie mehr auf:http://www.queeniekleid.de | ballkleider günstig